vendredi 15 mai 2009

les mots me négligent

Rien à foutre du comment du pourquoi rien à battre des questions qui obsèdent.
Je m'égare encore, perdue chronique, me répand chez l'un, chez l'autre.
Me saupoudre généreusement.
Une cuiller à soupe de ma salive ici et un pincée de peaux sèches de psoriasis là.
Une étoile d'anis...
Et voilà!
*
Mon tour est joué.
*

jeudi 14 mai 2009

choses à dire dites

Mon rêve secret qui se réalise et je suis trop distraite pour m'en rendre compte. Mon film muet qui se tourne devant mes yeux, comme un songe absorbé de l'âme au réel quasi inatteignable. Psyché aspiré vers l'extérieur, grand scénario clandestin, mon récit imaginaire et incongru. Mon jardin gastrique aux fleurs dessinées par l'acide me rend l'oesophage attrayant.
Entrez, entrez je vous en conjure. Vous n'aurez jamais vu de si jolies méduses ulcéreuses. Venez m'errer à l'intérieur.
*
Grand chef folklorique, je te danserai une kyrielle de danses. Du bout de mes pieds malhabiles et de mon corps robuste, je danserai pour toi. Dans un décor que nul mot ne pourrait en faire apparaître l'image, une ambiance de papiers de soie en feu et d'oiseaux-mouches fuchsia complètement ivres.
*
Grande amie, âme-soeur, presque. Grande et petite soeur à la fois. Perroquet multicolore, je te chanterais une chanson de Jean-Pierre Ferland si je ne me retenais pas. Comparse, ton plumage égaie des jours comme aujourd'hui. Je dois être radine, je n'ai pas souvenance de t'avoir dûment remerciée pour m'avoir choisie en tant que conjointe de fait. Moi, petite licorne affolée et toi, petite licorne affolée dans un parc où les arbres dorment sur le sol, bien vivants. Et du vrai, du vrai, du vrai, tellement de vrai que c'en est trop réel quelquefois. Deux licornes, l'une c'est toi, l'autre c'est moi.

mardi 28 avril 2009

adieu joli garçon

Seule partout dans la ville. Je veux voir un nénuphar.
Je veux partir d'ici.
J'ai tellement hâte de sentir le muguet, je n'en peux plus d'attendre.
Je suis en fleurs.
Je pousse au travers de l'asphalte.
Solitude-béton armé.
Je m'acharne à être en reste.
Le mal qui fait du bien.
«quand le temps va et vient,
on ne pense à rien
malgré ses blessures
car le temps de l'amour
c'est long et c'est court,
ça dure toujours
on s'en souvient»
Le temps de l'amour, Françoise Hardy

dimanche 26 avril 2009

baiser un étranger

tracas-insomnie
(pas capable de mettre le doigt dessus)
état de veille
lonely lonely that is you, qu'elle me chante
(une fois de plus)
ni léthargique ni fulgurante
j'écoute ses mots
je suis plate.
*
chers, très chers, vous m'êtes étrangers
mes chers, mes très chers étrangers
je suis sotte
je m'affale devant vos yeux
je m'étends de tout mon long
à l'horizontale
à l'horizon.
*
la saveur érable et noix me répugne
(pour casser l'atmosphère)

vendredi 24 avril 2009

c'est pas à cause de la chanson

Je ne passe pas inaperçue, ce qui m'embête assez. J'ai le tempérament fluorescent.
Je ne suis pourtant pas exceptionnelle. Par exemple, ma constitution physique est rudimentaire et tout ce qu'il y a de plus conforme. J'ai deux jambes, un tronc, deux membres supérieurs surplombés d'épaules et d'une tête, tel la plupart des autres êtres à cellules dits humains. Je suis habituelle et malgré moi je détonne. Par mon allure ou ma démarche, par ma sale gueule ou je ne sais trop.
Banale fantasque, régulière insolite.
Paradoxalement, mon inconscient apprécie probablement l'affaire.
Je ne sais pas me fondre dans les murs.
Sauvez-moi de moi.

jeudi 23 avril 2009

notes 05-09

*01
Un de ces quatre, j'écrirai une chanson. Une vraie chanson qu'une vraie personne chantera. Ce jour, je saurai quoi faire de tous ces mots qui jaillissent dans ma boîte crânienne comme s'ils m'étaient soufflés. J'écrirai un oratorio, un vrai, signé de mon vrai nom. Il y aura mon recueil de micro-nouvelles-poésie dans la bibliothèque et vous trouverez ça pas pire bon. 'Pas mauvais' seront vos mots. Et tout ce temps passé à écrire pour rien prendra son sens. C'est comme ça. Je ne veux pas grandir mais je me dois de le faire. Je n'ai jamais rien terminé. Je me dois d'aboutir pour la première fois. Maman sera fière de moi.
** 02
Aussi heureuse que je puisse l'être
Aussi malheureuse que je suis
Je comprends, je comprends
Mais ça me rend triste
On essaie d'être amis
Mais c'est difficile quelquefois d'être amis
Plus heureux libres
***03
tombent/ tombent/
mes répétitions sont l'écho de ma locution/
rebonds sur mes parois osseuses/
tombent les secondes maudites/
arrachées 86 400 fois au jour/
nous déplantant l'un de l'autre/
l'eau de la rivière coule encore/ je coule avec elle/

anonyme

mardi 21 avril 2009

bonjour bonjour les demoiselles



ya dla joie - maurice chevalier

lundi 20 avril 2009

i don't mind, i don't care, hello, i love you


J'ai de la difficulté à nous voir.
En fait, je ne nous vois pas. Pourquoi mes yeux ne nous voient plus? Je vois pourtant tout, absolument tout. Je vois le meuble où repose mon téléviseur archaïque Gold Star qu'un de mes ex avait échangé contre un trois five de tourbe à un gars que l'on surnommait Du Jet à cause d'une anecdote juvénile dont je ne me rappelle plus précisément, mais qui concernait, me semble-t-il, l'éjaculation du dit Du Jet.
J'arrive à voir cette télévision à laquelle aucune télécommande universelle ne se programme, j'ai encore ce magnétoscope inutile, je le vois. Tout est là, patent. Relativement réel dans la mythologie des mongols. Aussi bien dire irréel.
Je ne nous vois pas, je ne suis ni éveillée ni assoupie, je ne nous vois tout simplement pas. J'ai beau fabuler des histoires de cul, je ne nous retrouve pas dans les annales de mes aventures fantasmagoriques qui ralinguent les voiles de mon vaisseau génésique. J'hésite entre m'exclamer 'dommage' , 'bien fait' ou 'fuck', mais j'ai cru meilleur que je dise pas mot.
À l'abordage!
Moi, j'ai sauté en bas. Et je nage, nage, nage, nage, je nage loin. Vraiment, vraiment loin. Je nage très bien puisque je suis une nageuse synchronisée retraitée, remisée plutôt, puisque je n'avais que peu de talent et encore moins d'élégance aquamarine. Sans fausse modestie, vraiment. N'empêche que je suis très bonne nageuse. D'accord je ne suis peut-être pas une bonne nageuse synchronisée, mais je suis assurément une bonne nageuse tout court.
Je croyais me souvenir jusqu'à ma mort et déjà j'ai oublié. J'oublie tout avec ma cervelle de moineau. Tous les visages, tout le temps à rebours à partir de maintenant jusqu'au jour où je suis née. Une fois, je devais avoir treize ans, je lançais un ballon de basket contre le mur du garage et j'ai eu cette pensée, que mon père avait oublié ce que c'était d'être un enfant et de juste s'amuser. Lancer un ballon contre le mur du garage, quoi. Lui, il rangeait le boyau d'arrosage, il recordait les bûches contre la clôture qu'il venait de repeindre, il avait tout le temps quelque chose à faire, une bricolle, quelque chose d'urgent. Puis, j'ai regardé mon ballon orange et je me suis jurée que même si un jour j'oubliais ce qu'est 'être un enfant', j'aurai éternellement le souvenir de cet espace temps précis où c'était l'été, presque le soir, que je jouais avec le ballon de mon frère. Rien que ça, j'ai pris une photographie avec ma mémoire, je l'aurai en tête jusqu'à ce que je la perde, et je me souviens parfaitement de mon pacte de mémorisation avec ma propre mémoire.
Pour le reste, des détritus de souvenirs éraflés, un tas de poussière de souvenirs qui s'envole au vent. De petites grenailles piquantes de souvenirs virevoltent dans l'air et pincent les joues. Pour le reste, c'est-à-dire ma vie en général, ma vie/bourrasque, mon raz-de-marée, pour les restent devrait-on lire, rien à faire. Mon mal/rafale en ravageuses imtempéries. Je l'ai dit; je nage très bien. Ma tourmente m'est confortable malgré l'effort perpétuel de me souvenir. Pour mes périodes de repos, j'agite mes jambes en mouvements circulaires, à la manière des hélices. Avec mes bras je repousse l'eau vers le bas avec les paumes en palmes pour me propulser tête hors de l'eau sans demander trop d'énergie. Je me dois de tenir la route, maintenir le cap, ou ce que vous voudrez. Si une seule chose va se soi, ce doit être que je n'abandonne pas sous le minable prétexte que je ne retienne rien. Que tout m'échappe comme entre les tentacules de la pieuvre visqueuse n'est pas un ennui se devant néccessairement d'être fâcheux.
*
*
L'image qui suit, je la trouve extraordinairement sincère.
La grosse chit dans un sac de plastique sur sa balance pour peser sa marde.
Sans joke, il y a longtemps que je n'avais été à ce point remuée par un dessin.
Thank you Fernanda Cohen

Fernanda Cohen

vendredi 17 avril 2009

S. Marceau

Je ne te veux pas de mal, tu sais. Je ne veux pas te faire souffrir. De toute façon, je ne saurais pas de quelle manière te blesser. Tu ne me crains pas et j'admets que tu as raison. Comment est-ce que moi, géante-minuscule moi, naissante-mourrante moi, pourrais-je t'atteindre au point de te faire mal? Franchement Steve Marceau, me verrais-tu courir vers toi avec un harpon au bout des bras? Je ne déplore pas l'impossibilité de l'affaire.
Inversement, je m'en ravie.
J'aurai craché sur toi pour mon argent.
Mon antipathie persistante, mon ennemi juré.
J'aurai abominé l'union assez pour en gerber.
Mon irascibilité diabolique.
Mes amours estropiées.

jeudi 16 avril 2009

tricheuse

Je me fais singulière en ce mercredi soir qui suit l'autre et qui devance le prochain.

Je me fais métèque dans mon propre pays.

Brouillamini identitaire, qui je suis exactement?

Je me fais verbeuse,

éprise de l'extrapolation.

Amante superflue.

Je ne fais toute vôtre tellement je ne sais qui je suis devenue.

Voyez, j'ai votre plume et votre coupe de cheveux.

*

mercredi 15 avril 2009

myrtilles mutilées

Tsé, Renée Martel quand elle chantait "j'ai un amour qui ne veut pas mourir et c'est ma raison d'aimer la vie", ben c'était rien que de la câliss de marde. Quand t'as un amour qui veut pas mourir, c'est pas une raison d'aimer la vie, c'est un raison pour se crisser une balle dans tête.

Ça va faire 9 ans à l'été que ta mère est partie. T'en souviens-tu toi, de ta mère? Tu dois pas, t'étais tellement petit. Je l'avais pas prise parce qu'était belle, je l'avais prise parce qu'était fine. Maudit qu'était fine ta mère, mon Jeannot. Fine de même, j'te dis, ça existe quasiment pas. A s'occupait de toute, de tout le monde, de moé, de toé, de sa mère, de sa mémé, de la voisine pis de son ti-pas-fin, le fils de ta tante. A s'en est tellement occupé de son neveu, c'était son adoration. Je dirais pas plus que toé, mais presque. C'était terrible combien qu'a l'a aimé cet enfant-là. Quand il est mort, c'est pas mêlant, a pas dormi pendant un mois. A l'aimait pour mourir. Pis c'est là que l'adage prend tout son sens, a serait ben morte à sa place si on lui avait demandé. Mais comme tu le sais mon gars, c'est pas nous autres qui prenons la décision. C'est tout de même à ce moment-là qu'a commencé à mourir elle itou. Mourir à sa façon. Pauvre ta mère. A faisait fausse couche sur fausse couche, comme si son ventre voulait rien savoir de mes graines. C'est pas parce que j'ai pas essayé de lui faire son beau bébé. Ha! Pour ça, non. Je la montais 3 fois par jour pour la contenter. Même que des fois, j'étais pu capable de bander pis pour reprendre des forces, je restais dîner dans le bois pour être capable d'y faire l'amour en revenant, au soir venu. Ça n'a jamais marché. Ta mère a jamais été capable de faire pousser une plante verte, était pas plus capable de faire pousser un bébé. Son ventre voulait pas de moé y faut croire. A passait son temps à saigner de l'entre-jambe. Elle, a disait que le Seigneur la châtiait pour ses pêchés, qu'elle avait fait quelque chose de mal quand qu'était jeune pis que ça la suivrait jusqu'en enfer. Moi, je la croyais pas. Heille, c'était mon ancre cette femme-là, j'aurais jamais pensé qu'elle avait un demi gramme de cruauté dans le coeur. Jamais, au grand jamais, mon Jeannot. C'était tout le contraire.

Quand ils ont passé ta nouvelle dans le journal, ta mère le savait pas, a lisait pas le journal. Était dans le sous-sol en train de broder des paroles de la Bible sur un coussin quand j'ai vu ça. J'y ai crié de venir icit au plus sacrant. Est montée assez raide, j'avais pas coutume d'être sec de même avec, a se demandait ben ce qu'y avait là. «Un bébé retrouvé sain et sauf dans une barque à Eastbroughton» Ça pas prit 5 minutes qu'on était dans le char vers l'orphelinat pis pas longtemps après, t'étais notre fils, Jeannot. Jeannot Chiquette-Chèvrefils. Pour toi aussi Jeannot, ta mère serait morte. Tu peux en être sûr, crois ton père. Mais est morte pour elle avant, qu'est-ce tu veux. C'est pas nous autres qui décidons ça. D'un sens, j'suis ben reconnaissant qu'elle aille pas à t'enterrer, ç'aurait été encore plus atroce pour elle que de se faire frapper par un char en allant cueillir des bleuets. Ben pire.

Pis nous autres Jeannot, on n'en mangera pu jamais de la tarte au bleuet, mon gars. Y m'en reste ben une dans le congélateur, mais j'la garde, j'la mange pas. J'la garde pour toé, pour quand je vais mourir à mon tour. Quand je vais aller rejoindre ta mère, Jeannot, je veux que tu manges la tarte au bleuet qu'y a dans le congélateur en bas. Tu vas voir, est emballée ben comme faut dans du saran drap pis un sac de papier. J'ai écris Jeannot Chiquette-Chèvrefils dessus, faque y devrait pas y avoir de trouble. C'est la seule affaire que j'veux, mon gars. Tu mangeras ça en pensant à tes parents pis une couple d'heures après, tu nous chieras dans toilette, tu flusheras ton tas pis après toute va être fini.

mardi 14 avril 2009

bisou-bisou

Je me fais belle en ce mardi après-midi aux rayons ultra-violets néfastes,
au cas où je te croiserais en allant acheter un café.
Aujourd'hui est l'un de ces jours où un coussin de lit brodé 'sweetheart'
me ferait le plus grand bien.
Me semble.
Je ne suis pas tombé sur toi en allant acheter mon café,
j'avais la mise en plis inutile sur la tête.
J'étais ridicule dans mon accoutrement garçon grotesque,
je suis excentrique et cela me joue parfois des tours.
À quoi bon brailler sur ma tombe, je ne suis même pas morte.
*
C'est épouvantablement éprouvant.
365 jours se sont écoulés depuis que tu ais cédé la danse,
et presque autant de jours, je t'ai cherché dans les rues.
Temps-boucane,
chtouille-amulette,
perpétuelle commémoration.
*

lundi 13 avril 2009

bagatelles-babioles/ thérapie oui-oui




Laisse-moi juste pour voir, arrête de m'aimer si tu m'aimes, va-t-en loin pour voir qu'est-ce que ça va nous faire. Laisse-moi sécher comme les fleurs qu'on mettait entre les pages des dictionnaires et des gros bouquins. Oublie-moi là, refais ta vie, fais des enfants, joue au Scrabble avec ta femme après le souper, cherche un mot, retrouve-moi. Plus mince qu'une feuille,
apparemment nervurée, désintégrée mais préservée.

*
Je suis haïssable, une vraie démone, désagréable pis tous les autres mots. Je suis certaine qu'à un moment donné lors de mon adolescence, mes parents aient souhaité mon suicide. À maintes reprises ils m'ont dit que j'avais éclaté leur belle petite famille avec ma nature ignoble et mon caractère exécrable. Moi, Aurore l'enfant martyre, une peste, une plaie d'Égypte, la petite vache de la famille. Leur belle petite famille. La grosse tache croche et frivole dans leur belle petite famille droite.
C'est ce qu'on dit de moi dans ma famille. Évidemment pas dans ce langage. Et probablement qu'on n'en parle même plus, depuis que j'ai ma vie à moi loin de leur belle petite famille. Ils doivent dire que je suis rendue gentille, quand j'y vais je m'assure que tout le monde soit servi et ne manque de rien, entretiens des conversations, débarrasse la table et offre «thé, café quelqu'un?», prend la commande et prépare le tout dans les règles de l'art familial. Sourire aux lèvres et toujours prête à faire un peu d'humour convivial, je répond oui-oui, hoche de la tête pour affirmer les propos de ma mère qui parle, parle, parle, parle, parle, parle, parle, parle, et parle...

dimanche 12 avril 2009

la foi/ le foie de porc

Dimanche de Pâques, il est ressuscité d'entre les morts, Dieu soit loué - ainsi soit-il.

*Bienheureux dans l'ignorance confortable, le dédain, le dénis et l'indolence. Condescendant tellement il se vautre dans le jeu du flegmatisme, détaché, impavide de tout risque imminent.
Couché de tout son long, une courtepointe sur le visage, asile chimérique comme abris.
-Jésus Marie Joseph, que m'arrive-t-il?
-Soyons concis, lui répondirent-ils tous en choeur, découvre ta figure et ouvre les yeux.
Obéissant aux consignes des Saints des Saints, il ôta le drap, rouvrit les yeux. Son front ruisselait de grosses gouttes de sueur, ses cheveux étaient détrempés, collés à ses tempes en tortillons. Il n'avait pas l'air bien. Dans l'obscurité, il semblait graissé de beurre.
Marie eut pitié, se tût. Quant aux deux autres, ils y allèrent de plus belle.
-Redresse ta corpulence, pâte.
L'homme souleva son tronc, s'appuyant de toutes ses forces sur ses bras. Il tordait la bouche tant l'effort lui coûtait. Il paraissait incapable de bouger les jambes.
-Que pouvez-vous pour moi, souffla-t-il entre ses dents, ignorez-vous ce qu'est la souffrance?
-Les Saints souffrent avec vous, pêcheurs, dit doucement Jésus. Chaque obstacle est une pièce en or de plus pour le Royaume des Cieux.
-Foutaises! hurla l'homme, exaspéré par la douleur et les yeux vitreux de fièvre.
Assis dans son lit trempe en navette, il laissa tomber son torse sur le côté, formant une équerre. Il plissa les paupières, eût un gémissement inquiétant, puis dans un essor de rage, déchira le drap qui l'entourait.
Ni Jésus, ni Joseph, ni Marie ne parlaient à présent. Il y eut un silence qui dura cent ans, mille ans, qu'importe lorsque l'on est Saint.
Au moment où ils revinrent à eux, la dépouille de l'homme avait été carbonisée et ses cendres, recueillies dans un vase d'étain.

samedi 11 avril 2009

ça promet

Désinvolture très très chic, Paris chic je dirais. Le ton saumoné parfait, corail à la rigueur. Fine moue colorée comme si elle avait léché un bâton glacé à l'abricot. Impertinence adolescente, l'oeil de chat -non, de tigre- l'oeil mi-clos, abondamment fardé. La petitesse vient avec l'énormité de la puissance.
Tout cela est absurde.
Sans doute que j'eus émulé une meute de femmes en devenir avec mon nouveau rouge à lèvres.
Et attendez de me voir dans mon jumpsuit-pantalons.

jeudi 9 avril 2009

litige du zizi

taches d'amour blanchâtres,
tu te mêles aux autres en moi,
tu réveilles la querelle des queues.
chamaillade routinière,
conflit fantastique.
sans rire, sérieusement.
mille fois encore,
rejouons,
rejouissons,
réjouissons-nous.
mille fois,
aux bas mots.
je suis réactive à l'androïde,
je me balance de la terre où il naquit,
encore,
encore,
vivace pantin.

mercredi 8 avril 2009

je voudrais dessiner un titre

Je prend une puff, une estie de puff même, le joint dézippe à moitié. C'est rendu que je fume de l'herbe comme je prend un café, plusieurs fois par jour, banalement. Des fois je me demande si j'ai l'air d'une droguée quand je me promène en ville. Tous mes amis ont arrêté de fumer des bats à la journée longue il y a longtemps. Je suis la dernière survivante du monde des zombies. C'est pas à mon avantage de le dire, mais si je le disais pas ce serait hypocrite de ma part puisque j'en suis consciente.
Bon, une affaire de réglée.*
Discours encastré, craché à l'heure où c'est pas l'heure.
Hey, un discours, ça te tente pas?
ha, va t'en donc maudite prêtresse avec tes oxymorons à marde.
* Ok

mardi 7 avril 2009

notes noctures

nymphe froide/ mauve glacé/ romarin/
illuminée opaque/
appétence des putains/ affabulations grotesques/ sexe cirque/
cocasse épisode/ quotidien repoussant/humiliant encoignure/
*
Saturés- le ciel et la terre- le sol n'en peut plus de boire. Au secours.
*
cogne aux portes dans un boucan d'enfer bam bam bam réveillez-vous câliss, y'a le feu, on va tous crever icit
- Ben non Anette, y'a pas le feu. Sansom vient de faire le tour, là, y'a pas la moindre flamme à nul part dans le campement. Va donc te recoucher, là. C'était encore un autre cauchemar, Anette y'a pas le feu pour vrai. Pour moi t'as le diable dans l'âme, toi, à rêver à des affaires épouvantables de même toutes les nuits. Tu vas ben nous faire mourir de peur une bonne fois.

Anette parlait pas, elle attendait que Sansom revienne pour que ça paraisse pas.

chatting avec un chien

Bon gros chien gris.
Si un jour je deviens écrivain, je vais toujours écrire des histoires avec des chiens. Pis, toi, tu vas être l'héroïne ma Blue, ma grosse Blue mal-aimée. Tu sais, ils t'aiment pas parce que tu leur fais peur avec tes grosses pattes pis ta grande gueule pleine de grosses dents. Mais c'est pas grave ça mon bébé, c'est pas important ça, 'les autres'. L'important c'est que nous on s'aime et que toi, ta maison c'est ici avec moi. Je sais que tu rêves d'attraper un minou et d'enfin voir c'est quoi cette affaire-là. Je te fais la promesse sur la place publique, qu'en juillet lorsque tu auras ta petite cour à pipi, je vais te capturer un chat et que je te le jetterai en pâture. Juste parce que je t'aime. Tu ne sauras pas que c'est moi qui aurai manigancé cette ruse, mais tu prendras ton pied, je le jure. Ce sera ma petite offrande à la déesse bull-mastiff que tu es.

allez, partons.

J'ai convolé en justes noces, un jonc d'or blanc acheté chez un détaillant grande surface à l'annuaire.
J'ai pris mari, j'ai vendu mon âme et le reste de mes jours.
J'ai un compte conjoint.
Je suis épouse, fidèle aux émissions télévisuelles du lundi soir.
Dorénavant, l'appellation fille sera réservée à celle que j'aurai.
Les femmes mariées ne sont plus filles, elles ont des filles, elles acceptent d'être femmes et vaches laitières en disant oui je le veux au nom d'un rêve usé.
Je dormirai, je me ferai maintes fois engrosser sur ce matelas. Je ne rêverai plus.
Je cuisinerai des repas économiques en brassant le hachis de viande mi-maigre de toutes mes forces avec la cuillère en bois.
Je soignerai les genoux écorchés, je banderai les plaies mineures en chuchotant des mots doux.
*
Je me suis mariée à l'homme qui me sembla le plus près de mes ancêtres paternels.
Notre descendance n'aura pas la grâce de porter mon nom.
Je suis née avec un sexe interne.
Nos enfants ne porteront pas mon nom.